PUBLICATION | Respirer, se relier entre ciel et terre

 

L’acte respiratoire se réalise la plupart du temps de manière involontaire et inconsciente. Dès lors, quels outils avons-nous pour développer une adaptabilité du geste respiratoire si nous ne pouvons pas passer par le contrôle volontaire pour y parvenir ?

Nous connaissons tous des « exercices » respiratoires. Ils touchent les durées des phases respiratoires et les localisations corporelles avec des consignes souvent très précises. Nous les pratiquons dans un contrôle volontaire, souvent dans une forme d’attention « focalisée » assez studieuse, un peu mécanique. Nous faisons des « exercices ». Ils sont bénéfiques, ils nous font du bien. Mais transforment-ils réellement nos patterns respiratoires ? Nous pouvons souvent observer que nos retenues respiratoires reviennent dès que nous reprenons le cours habituel de nos activités.

Certains praticiens considèrent même qu’ils peuvent renforcer les déséquilibres de nos schémas… Mais alors, quelles sont les solutions pour travailler sur le geste respiratoire ? En analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé (AFCMD), on s’occupe prioritairement de la posture. En effet, j’ai souvent observé le déploiement respiratoire dès que l’on parvient à réharmoniser l’équilibre postural d’une personne. C’est même pour moi un des signes les plus importants pour indiquer la justesse de la réorganisation posturale de la personne. Mais c’est souvent très fragile quand il s’agit de se remettre en danse.

Face à ces observations, il me semble intéressant de se poser quelques questions. Quels sont les freins à notre liberté respiratoire ? À quoi peut ressembler une liberté respiratoire ? Existe-t-il des pratiques du souffle qui se développent autrement que par le contrôle volontaire du geste respiratoire ? Comment redonner la place à « l’intelligence du corps » dans la régulation de la respiration et plus largement dans les « processus d’ajustements » ?

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« Cultiver des formes respiratoires pour habiter un corps spatial »